Mondiaux d’athlétisme: le rêve du Camerounais Batambock devient réalité

A presque 30 ans, Jean Tarcisius Batambock s’apprête à disputer ses premiers Championnats du monde d’athlétisme. Ce professeur d’éducation physique camerounais, engagé sur 100 mètres, rêvait de rencontrer le Jamaïcain Usain Bolt.

De notre envoyé spécial à Londres,

« Ce sont trente années de labeur, trente années de travail. » D’un ton solennel, Jean Tarcisius Batambock évoque avec émotion ses premiers Championnats du monde d’athlétisme, ce 3 août 2017, à Londres. « C’est même la première fois que je cours en Europe, explique-t-il. J’ai fait presque tout le circuit africain, mais je n’avais jamais participé à une compétition européenne».

Ce Camerounais de 29 ans doit prendre part aux qualifications sur 100 mètres, ce 4 août. « Ça fait vraiment plaisir, après plusieurs années dans l’ombre, de pouvoir enfin rencontrer les meilleurs au monde, comme Usain Bolt, sourit le sprinteur. Etant donné que ce sont ses derniers Mondiaux, ça fait vraiment plaisir de courir avec lui. C’est un grand honneur ».

Malgré un record personnel de 10 secondes 84, Jean Tarcisius Batambock espère en outre se qualifier pour le tour suivant. « Il faut poser une pierre, se faire un nom. C’est pour ça que je suis là, assure le Camerounais. Ça me pousserait à tenir les crampons quelques années encore».

Un prof d’EPS en quête de reconnaissance

Le quotidien de ce professeur d’éducation physique et sportive en formation est en effet rythmé par les cours la journée et les entraînements le soir, à Yaoundé. « C’est une passion », explique celui qui s’y est vraiment mis à 23 ans et qui évoluait dans le championnat de football de 2e division.

Une passion qui risque toutefois d’être difficile à assumer dans les prochains mois. Et pour cause : le natif de Garoua Boulaï, à la frontière avec la République centrafricaine, a été affecté dans le Nord du Cameroun, une région qui manque cruellement de terrains d’athlétisme. « Je suis en train de me battre pour revenir dans la zone Yaoundé-Douala, glisse Jean Tarcisius Batambock, qui croit en la mansuétude du ministère de l’Education nationale. Sinon, ce sera la fin de ma carrière ». Il ajoute, plein d’espoirs : « Je compte sur ces Mondiaux. Je pense qu’une belle performance pourrait donner de la crédibilité à ma demande d’affectation. »

Elle apporterait également à de la fierté au petit dernier d’une fratrie de neuf enfants, dont les parents sont décédés il y a deux ans. « Mes proches ne réalisent pas, souligne l’athlète. On n’attendait pas ça de ma part. On se disait que quelqu’un qui alliait le sport et les études ne pouvait pas réussir ». Pourtant, Jean Tarcisius Batambock a réalisé un de ses rêves.

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